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mercredi 22 juin 2016

Cambodge, Kampot en images

Cambodge, Kampot

Lundi 20 Juin

Nous commençons notre visite de Kampot par le Grand marché. En nous y rendant en tuk tuk nous longeons le fleuve et sa promenade où il semble bon s’y promener. Il règne ici une atmosphère très paisible, on s’y sent vraiment bien. Il n’y pas pas beaucoup de monde, ni trop de circulation. Le grand marché est un marché authentique qui porte bien son nom car il est immense. En son centre des artisans travaillent l’or et tout autour s’orchestrent des marchands de fruits, légumes, vêtements… Il y règne une forte odeur de durian et de poisson, cela nous prend même à la gorge. L’occasion pour moi de vous parler de ce fruit, le durian, que nous avons si souvent rencontré dans les pays tropicaux et à commencer par le Brésil. Son odeur est tellement nauséabonde que nous n’avons jamais eu envie d’y gouter. Fred est cependant curieux, je pense donc que cela sera sa prochaine étape gustative. Contrairement à la Thailande où nous étions très souvent tenté par les échoppes de nourriture, ici nous ne nous y risquons pas… Nous préférons aller manger en dehors du marché dans un restaurant. Lorsque nous rentrons le temps se couvre et il se met à pleuvoir ce qui nous contraint de rester à l’hôtel pour le restant de la journée. Nous y dinons également, des plats au combien relevés du fameux poivre qui a tant rendu cette région célèbre.

Mardi 21 Juin

Il a plu sans discontinué toute la nuit, mais ce matin le soleil est retour, l’occasion pour nous d’aller explorer les alentours et les merveilleuses campagnes de Kampot. Un tuk tuk vient nous chercher vers 9h30 et nous amène faire une superbe ballade qui durera jusqu’à 13 heures. Tout d’abord nous allons voir les marais salants à l’extrême sud de la ville. Ensuite nous nous enfonçons dans les campagnes reculées pour y découvrir une population souriante et des couleurs magnifiques. Nous sommes en admiration. C’est l’heure de la sortie des classes et beaucoup de petits écoliers parcourent de nombreux kilomètres à pieds ou en vélo pour rentrer chez eux. Ils nous font tous signes et leurs sourires embellissent vraiment cette belle journée. Les chemins en terres rouges contrastes avec le vert des plantations. Les maisons colorées en bois sur de hauts pilotis qui peuplent ces campagnes sont pittoresques. On comprend rapidement que le rez-de-chaussée sous la maison est utilisé comme salon pour se détendre durant la journée, surement car il est plus frais. D’ailleurs au moment où nous y passons, les habitants y sont tous reclus, allongés dans leur hamacs car c’est l’heure de la sieste. En faisant quelques recherches sur internet, nous apprenons qu’elles appartiennent à une population de classe moyenne, qui gagne suffisamment d’argent pour investir un minimum dans son habitat. Après une bonne distance parcourue à travers champs nous arrivons sur un chemin menant à la grotte de Phnom Chnork et son temple troglodyte préangkorien datant du VII ième Siècle. A peine descendus du Tuk Tuk, un jeune qui fait office de guide nous prend en charge et nous le laissons faire. Pour accéder au site il nous faut traverser un petit cours d’eau sur un rondin en bois puis marcher quelques mètres. Il nous faut ensuite emprunter des escaliers très pendus pour accéder à un point de vue qui nous permet d’admirer les plaines alentours. En montant encore quelques marches nous arrivons à la cavité principale qui abrite un petit sanctuaire en briques. Sur les parois de l’entrée il y a d'étonnantes "sculptures naturelles" parmi lesquelles on peut deviner des éléphants. Il est possible d’emprunter un passage étroit dans la grotte pour revenir au point de départ, mais les filles ont peur, Fred est claustro et moi je trouve cela trop dangereux. Ce « non » à l’unanimité, nous fait rebrousser chemin et redescendre par les escaliers. Dernière étape de ce tuk tuk trip « La Plantation ». Il s’agit d’une plantation de poivre créée par un couple de français en 2013. Nous avons droit à une petite visite guidée gratuite par un des employés, durant laquelle il prône la culture bio du site. Malheureusement nous ne voyons pas les grains de poivre car ce n’est pas la saison. Nous apprenons que les différentes couleurs (noir, rouge et blanc) de poivre sont obtenues à partir du même arbre mais les grains sont récoltés à différentes saisons et séchés différemment… Le poivre de Kampot est reconnu mondialement. En partant nous faisons un tour par la boutique et la place gagnée dans les valises suite au don de jouets de Perle sera comblée par des sachets de poivre en tout genre ! Nous rentrons en début d’après midi à l’hôtel, très content d’avoir pu faire cette si jolie ballade. En début de soirée alors que la nuit tombe, nous partons à bord d’un bateau sur les rives du fleuve pour aller voir le spectacle des lucioles. Il nous faut attendre que la nuit soit noire pour admirer des centaines et des centaines de lucioles qui scintillent dans les arbres. On a l’impression que ce sont des guirlandes de Noël ! Deux heures de ballade vraiment sympa, même si sur ce bateau on aurait pu se passer de la musique (tellement horrible qu’on a eu l’impression d’être dans un karaoké) et du groupe de chinois (et oui encore et toujours eux) monté en cours de route et qui a transformé l’ambiance «jolie ballade romantique» en ambiance « grosse fête de village ». C’est un peu récurant comme histoire et je vous assure qu’à la base, on a rien contre ces gens, mais vraiment, il faut le voir pour le croire ! Voilà tout de même une bien jolie journée qui vient de s’achever !

Mercredi 22 Juin

Les valises bouclées, nous montons de nouveau dans un 4X4 Lexus qui nous déposera à Phnom Penh dans trois heures. Nous comprenons alors que ces véhicules sont destinés au taxis faisant de longues distances et la licence collée sur le pare-brise le confirme. Nous avons choisi ce mode de transport car le prix est identique à celui du bus. Nous arrivons en fin d’après midi au même hôtel où nous nous étions arrêté il y a une semaine. A peine arrivé, comme nous avons besoin d’une petite coupe, nous allons avec Angélina et Lily Rose chez un coiffeur deux rues plus loin. Nous nous faisons coiffées pour 25 euros à trois et le résultat est plus que satisfaisant. Angelina qui tient trop à ses cheveux ne se fait couper que 5 petits cms mais Lily se refait faire un « carré frange » et moi je rafraichis un peu le mien également. Au passage, le coiffeur en profite pour photographier Lily sous toutes les coutures très content de la coupe qu’il vient de faire et surtout très content de l’avoir fait sur une petite tête européenne ! En rentrant nous réservons le bateau qui nous amènera à CanTho, au Vietnam demain, via le Mékong. Le départ étant de bonne heure demain, nous ne tardons pas à manger et à aller nous coucher.

lundi 20 juin 2016

Cambodge, les images de Koh Rong Samloem

Cambodge, Koh Rong Samloem

Jeudi 16 Juin

C’est à bord d’un mini bus de la compagnie « Giant Ibis » en parfait état et avec une WIFI qui fonctionne à plein régime que nous prenons la route direction le sud du Cambodge. Nous avions prévu le repas pour midi, trop habitués à ce que l’on nous dépose dans des sortes de décharges pour manger lorsque nous faisons des voyages en bus. Mais pour une fois on nous arrête dans un petit restaurant hyper sympa, avec une décoration géniale et du personnel super agréable. De manière générale d’ailleurs, nous trouvons que les gens sont très accueillants ici. Après 5 heures de bus, 45 minutes de bateau et 5 minutes de barque « taxi », nous atteignons un petit havre de paix, sur cette île quasi vierge « Koh Rong Samloem » Un seul petit village, sans nom, qui n'a pas connu la guerre qui a fait rage au Cambodge entre 1970 et 1996 et pour cause il n'existait pas. Les premiers à s'installer ici, c'étaient des pêcheurs il y a seize ans. Depuis une vingtaine de petits hôtels ont vu le jour, principalement regroupés sur la page principale, mais ne dénaturant encore rien, car il s’agit principalement de bungalows posés sur la plage, sans eau, ni électricité. Pas de route à proprement parlé non plus et à priori qu’une seule voiture et deux motos. Un générateur fonctionne à certaines heures la journée, heures auxquelles nous pouvons nous connecter à une wifi de très bonne qualité me permettant d’écrire les quelques lignes de ce post. Le restant de l’île est une jungle épaisse. Ici nous avons l’impression que le temps s’est arrêté d’autant que c’est la saison creuse, et qu’il n’y a quasiment personne. Dans le top ten des plages paradisiaques que nous ayons vu, elle prend la troisième place juste derrière celle de Cuba et celle des Galapagos. Nous nous installons et avec les filles nous allons nous poser dans les hamacs installés au bord de l’eau. Fred pendant ce temps se repose un peu. Par chance pour les filles, ici il y a une colonie de chats, une dizaine au total, dont des bébés, elles sont plus que ravies ! Les quelques enfants de l’île jouent sur le sable et avec Perle nous allons nous assoir près d’eux, histoire de briser la glace. Ils ne sont pas scolarisés, faute d’argent et une seule d’entre eux baraguouine quelques mots d’anglais, de quoi échanger quelques paroles ensemble.

Vendredi 17 juin et Samedi 18 Juin

Les deux journées à venir vont se dérouler doucement au gré du clapotis des vagues, du ronronnement des chats et des rires des enfants.

Dimanche 19 Juin

On souhaite une bonne fête à tout les papas et plus particulièrement à mon petit papounet ainsi qu’à papy Pierre qui, nous sommes sûr, nous protège de là haut. Dernière matinée dans ce petit paradis, il est donc temps de refermer les valises, l’occasion pour Perle de s’alléger un peu en donnant une bonne partie de ses jouets au petit groupe d’enfants avec lesquels elle a joué pendant les deux jours passés ici. Elle le fait d’ailleurs très volontiers. Les enfants nous disent au revoir et « I love you » en nous faisant des coeurs avec les doigts, c’est très émouvant ! Nous quittons l’hôtel à 13h car le bateau part à 13H30. C’est alors qu’une après midi galère commence. Lorsque nous arrivons au petit quai d’embarquement on nous dit que le bateau de 13h30 est complet. Etant en saison creuse on ne comprend pas trop. En fait on nous explique que le gros bateau est en panne, par conséquent aujourd’hui c’est un petit bateau qui fait la liaison. Il fallait donc réserver 3 heures à l’avance pour espérer avoir de la place, ce que bien évidemment nous ne savions pas. On nous annonce donc un prochain bateau à 15h45. On fait des pieds et des mains pour prendre celui de 13H30 en disant que nous avons une réservation de bus juste derrière (ce qui n’est pas vrai, mais bon…), nous disons même que nous pouvons prendre les filles sur nos genoux mais en vain. « The boat is full, full and it’s your problem » … C’est bien la première fois dans un pays d’Asie que les normes de sécurité sont appliquées. A ce moment là on comprend que c’est mort et qu’on devra attendre le prochain. Les filles prennent l’initiative courageuse de travailler pendant cette attente, ce qui s’avère vite impossible car le quai est en travaux et qu’il y a un vacarme pas possible autour de nous. Elles réussissent tout de même à avancer un peu. Aujourd’hui Angélina travaille sur les Fables de La Fontaine. On fait également le point sur ce qu’il reste à faire par rapport au programme et on ébauche un système de révisions pour les grandes vacances. Lily Rose est outrée, elle ne comprend pas cette injustice, nous disant que ses copains d’école seront en grandes vacances et qu’Angélina et elle, n’ont pas eu de vacances « scolaires » de toute l’année !!! Comme d’habitude on lui explique qu’elle, elle ne travaille à peine qu’entre une et deux heures par jour et que les copains d’école eux travaillent toute la journée, mais bon cela reste une injustice incompréhensible… A 15h30 un contrôleur du quai vient nous annoncer, une guitare à la main, que ben non, finalement le bateau n’arrivera qu’à 17 heures. A ce moment je vois dans le regard de Fred qu’il est à deux doigts de lui faire manger sa guitare. A deux reprises je demande à deux personnes différentes, qui travaillent sur le quai combien de temps mettra le bateau pour rejoindre Sianoukville et à deux reprises me répond la même chose : 45 minutes. Parce qu’il est déjà tard, et que nous ne savons toujours pas comment nous allons rejoindre Kampot où nous avons réservé un hôtel. On a vu qu’on pouvait y aller via des vans ou des taxis, mais on ne sait pas du tout jusqu’à quelle heure cela peut se faire. Nous attendons donc jusqu’à 17 heures, heure à laquelle arrive effectivement un bateau dans lequel nous embarquons. Je redemande en montant sur le bateau en combien de temps va t’on rejoindre Sianoukville, là on nous répond 1h15 et au final on mettra 2 heures. En Asie il est tout à fait impossible d’avoir des informations précises sur lesquelles on puisse se fier. Et comme on est en plein dans les Fables de la Fontaine on peut instaurer une nouvelle moralité : « En Asie tout contrôleur vit au dépens du voyageur qui l’écoute». Lorsque nous arrivons à Sianoukville, je ne sais pas pourquoi nous n’accostons pas sur le bon port, on est à l’autre bout de la ville et la nuit est tombée. Mais pour une fois il y a un semblant de truc organisé : un bus vient nous chercher gratuitement pour nous amener sur l’autre port, jusqu’à l’agence de ferry. Il est 19h00 et on se demande toujours comment à cette heure ci on va pouvoir rejoindre Kampot, qui se trouve tout de même à 2h00 de route de Sianoukville. Pendant ce temps les filles sont toujours aussi patientes, aucune d’entre elle ne se plaint, elles ont vraiment été sympa. Lorsqu’on arrive à l’agence de ferry, Fred demande conseil à l’hôtesse. Cette dernière passe un coup de téléphone et nous dégotte un taxi rapidement. Ouf ! En attendant qu’il arrive Fred part chercher à manger. Quelques minutes plus tard, pizzas embarquées à l’intérieur d’un 4X4 Lexus, nous prenons la route, il est alors 20h00. Rien dans la voiture nous dit que nous sommes dans un taxi ou dans une voiture assurant les transferts de personnes, mais qu’importe, on nous y amène c’est le principal, et en Lexus en plus, cela aurait pu être pire ! Nous arrivons à notre hôtel de Kampot à 22h00 et nous y sommes très bien accueillis par le responsable. Ce dernier est hollandais et il parle parfaitement le Français. Une fois la porte de la chambre fermée, on souffle enfin… enfin… jusqu’au moment d’ouvrir les valises des filles, à l’intérieur desquelles la plupart des affaires sont complètement trempées. Les valises ont visiblement pris l’eau. A cette heure ci, on ne cherche plus a comprendre et comme dit tout le temps mamie Josette, on se dit « demain sera un autre jour » en empilant tous les vêtements par terre dans un coin de la chambre. Après une douche bien méritée, Fred s’allonge sur le lit, il peut enfin profiter de son jour de fête ! Bonne fête Papa et surtout bonne nuit !

vendredi 17 juin 2016

Cambodge Phnom Penh, les images

Cambodge, Phnom Penh

Mardi 14 Juin

Ce matin nous nous rendons en tuk tuk jusqu’à l’embarcadère qui nous permet de rejoindre l’île Koh Dach à 8 kms de Phnom Penh. Cette île c’est « l’île de la soie » où sont confectionnés des kilomètres de tissu en soie brute qui sont ensuite revendus à des familles de la ville. Pour y parvenir nous faisons une toute petite traversée du Mékong à bord d’un bac. Une fois sur l’île, nous avons droit à une visite guidée où l’on nous explique toute les étapes, de l’oeuf au cocon, du cocon au fil, du fil à l’écharpe. La visite est intéressante bien qu’un peu rapide. De plus nous n’arrivons pas au bon moment car c’est l’heure de la sieste pour les ouvrières et la plupart ne sont donc pas derrière leur métier à tisser, mais paisiblement endormies dans leur hamac. Sur le site il y a également toute un ménagerie : oiseaux en cage, lapins, poissons… En sortant nous achetons de très bonnes mangues qu’une ouvrière nous coupe gentiment. Ces dernières poussent sur des énormes manguiers qui abritent le site du soleil. Avant de quitter l’île nous demandons à notre chauffeur s’il est possible d’aller un peu se balader dans les terres, et bien qu’il nous dise que c’est poussiéreux, il s’y aventure tout de même. Nous n’avançons guerre, car le tuk tuk n’a pas d’amortisseur et le chemin est en terre est bien ondulé ! De plus dès que nous croisons un véhicule nous mangeons effectivement une bonne quantité de poussière ! Cela nous permet tout de même de voir quelques habitations sur pilotis sous lesquelles sont systématiquement installés des métiers à tisser. Au retour nous passons devant le palais royal, mais nous ne nous y arrêtons pas car il est déjà un peu tard et que les filles doivent travailler. Et avec cette chaleur, Perle perd très vite patience et ses nerfs sont vite à vif ! En rentrant, sur les conseils de la famille Meier nous allons tester le « baguette rillettes cornichons » de la boulangerie Française qui est non loin de l’hôtel et il fait un tel ravage, que Fred doit aller en chercher une deuxième fournée ! Et oui nous nous échangeons tous nos bons plans, jusqu’à la dernière miette !

Mercredi 15 Juin

Voyage en enfer aujourd’hui avec la visite de la Prison S21, ancien lycée convertit en 1975 en centre de détention par les Forces de Sécurité de Pol Pot. Il est maintenant reconnu comme le plus grand centre de détention et de torture du pays. Plus de 17 000 prisonniers y furent retenus pour être transportés ensuite dans le camp d'extermination de Cheoung Ek afin d' y être exécutés. Lorsque Phnom Penh fut libéré par l'Armée Vietnamienne au début 1979, seul sept prisonniers sont survivants. En août 1979, les Vietnamiens transforment le site en musée. Les tableaux et photos exposées représentent sans retenue la violence pratiquée à l'époque sur le peuple Khmer… La dureté du récit est telle qu’il est très difficile d’écouter l’audio-guide tout en étant dans le lieu. D’ailleurs il nous est bien spécifié au début qu’il est possible de l’écouter dehors assis sur un banc à l’ombre d’un arbre, ou de l’éteindre si cela est trop éprouvant. Cette visite est angoissante et terrifiante. Les filles qui ont absolument tenu à prendre un audio guide, l’enlèvent au bout de quinze minutes, moi même je ne peux le garder jusqu’au bout et je l’enlève avant la fin. Aussi Angélina et Lily-Rose ne comprennent pas vraiment pourquoi nous les avons emmené ici. Nous leur expliquons que c’est important de connaitre l’histoire des pays, du bon comme du mauvais côté. Perle, trop petite est à mille lieux de savoir où elle se trouve, et ce n’est pas plus mal. nous continuons la visite tandis que les filles vont s’assoir sur un banc à l’ombre à l’extérieur. Dans la cour, deux survivants de ces atrocités dédicacent des livres racontant leur histoire que nous achetons. Si leur famille toute entière n’a pas été épargné, eux l’ont été. Bou Meng était peintre, Chum Mey mécanicien et tous deux pouvaient servir au régime. Ils font partie des 7 survivants de S21. Chum Mey comme Bou Meng entretiennent un lien décomplexé entre mémoire et argent. Si Bou Meng monnaye ses interviews ce pourquoi on ne peut pas réellement lui en vouloir, Chum Mey, lui, reverse une partie des recettes à l’association des victimes du régime khmer rouge qu’il préside. Surtout, il cherche à faire connaître partout dans le monde son histoire et celle des détenus de S21. C’est un devoir. Une promesse faite aux morts. Une mission qu’il s’applique à remplir chaque jour avec discipline, de 8 h à 17 h. Moment émouvant que de leur serrer la main et de voir la force qui ont encore eux pour être assis dans l’enceinte de ce lieu où ils ont connu et vu tant d’atrocités. Leurs cellules, sont encore là, toutes proches. Chum Mey lors d’une interview raconte : «Avec mon livre, avec ma photo, les touristes vont montrer chez eux qu’ils ont rencontré un survivant, ils vont expliquer ce qu’était S21. Ils pourront dire que cette histoire s’est réellement passée.» Nous faisons l’impasse sur les killings fields, le charnier, l’endroit où étaient exécutés les condamnés, ayant notre dose d’atrocité pour la journée. Pour ceux que cela intéresse, voici le lien d’un blog où toute l’histoire de S21 est très bien raconté telle que nous l’avons eu dans l’audio-guide : prison S21. Pour nous changer un peu les idées, nous allons au marché russe mais nous y restons pas longtemps car il fait un chaleur étouffante et c’est totalement irrespirable sous les tôles ondulées qui le protège. Lorsque nous rentrons à l’hôtel, un gros orage éclate, nous y passons donc tranquillement l’après midi. Demain nous quitterons Phnom Penh pour l’île de Koh Rong Samloem au sud du pays.

mardi 14 juin 2016

Cambodge, Siem Reap

Vendredi 10 Juin

Nous disons aurevoir à Céline et Eddy et nous leur donnons rendez vous en aout pour faire l’apéro ! Lorsque nous arrivons à la gare de Bangkok, comme d’habitude une multitude de taxis s’empressent de venir nous proposer des courses à des prix exorbitants. Nous ne leur accordons pas d’intérêt mais comme d’habitude ils insistent lourdement. Pour une fois un policier s’en mêle et il nous hèle lui même un « taxi meter » chose que nous apprécions beaucoup. Il explique en thai à ce dernier que nous voulons aller à l’aéroport international, ce que Fred lui répète ensuite. Nous nous mettons alors en route. Sur la « Highway », nous n’avons quasiment personne, ce qui n’est pas le cas dans le sens inverse pour les personne qui rentre dans la ville, car c’est l’heure de pointe. Je fais d’ailleurs la remarque, en disant heureusement que nous ne sommes pas dans l’autre sens. Puis nous faisons encore quelques kilomètres avant que Fred ait un gros doute sur la direction prise par le taxi. On lui redit que l’on veut aller à l’aéroport international et là il y a un gros blanc puis il se gratte la tête. En fait, comme la majorité des gens dans ce pays, il n’a pas compris ce qu’on lui disait et il est parti dans la direction de l’autre aéroport. Le problème c’est qu’étant engagé sur cette autoroute, on ne peut ni faire demi tour ni prendre de sortie car il y en a pas. Il nous faut donc aller jusqu’à l’autre aéroport pour reprendre la route dans l’autre sens. Avec Fred on commence un peu à voir rouge, certes on a un peu de marge, mais on va se prendre les fameux embouteillages pour re-rentrer dans Bangkok, l’autre aéroport étant à l’opposé de la ville. Nous qui nous imaginions déjà dans les toilettes de l’aéroport en train de nous rafraichir un peu puis autour d’un bon café, nous voyons notre rêve s’envoler en fumée. Nous finissons par arriver au bon aéroport mais juste avec le temps de faire le check-in et de prendre un café à emporter à la hâte… Nous quittons la Thaïlande à 10 heures et nous arrivons à Siem Reap au Cambodge 1 heure après avec un visa à faire. Comme prévu, les douaniers essaient de nous faire payer les visas des enfants, mais bien prévenu par la famille Peltre et confirmé par la famille Meier, nous leur rappelons que dans leur pays, le visa pour les enfants français est gratuit (ils sembleraient qu’ils aient la mémoire courte ces gens là). C’était bien tenté tout de même, cela aurait été 90 dollars en cash dans leurs poches. La chaleur ici est brulante. C’est en fait le pire mois pour visiter le Cambodge, car c’est le plus chaud et la saison des pluies ne va pas tarder à arriver. La navette de l’hôtel vient nous chercher, et les filles trépignent d’impatience. En arrivant, on voit dépasser les petites bouilles d’Armance et de Gaspard qui nous attendent dans le hall de l’hôtel. Comme d’habitude les retrouvailles sont heureuses et très très bruyantes. Nous passons une bonne partie de l’après midi au bord de la piscine à discuter, tandis que les enfants jouent à nous faire de la cuisine japonaise avec les galets décoratifs qui bordent la piscine et les feuilles des bananiers qu’ils arrachent discrètement. Nous allons ensuite visiter un peu le centre ville qui est extrêmement jolis et chaleureux. C’est un endroit où l’on s’y sent très bien… bon jusqu’à ce qu’un groupe de chinoises s'acharnent à faire des photos de notre petite brochette d’enfants européens tranquillement attablés autour d’une bonne glace. Elles finissent par faire pleurer Perle qui se vexe car elles rient comme des pintades en la voyant toute barbouillée de chocolat. On met le holà vite fait, et à partir d’aujourd’hui, elles pourront faire des grimaces ou tirer la langue si elles le désirent lorsque des chinois les prendront en photo. Nos allons ensuite diner en face de l’hôtel et nous ne rentrons pas trop tard, car d’une part les enfants sont en trop plein d’émotions, et d’autre part les garçons ont décidé de mettre le réveil à 2h00 cette nuit pour aller voir le premier match de la France retransmis sur un écran géant dans un bar au bout de la rue. Sachant qu’en plus le programme demain matin est d’aller visiter les temples de bonne heure, histoire de n’avoir ni trop de chaleur, ni trop de touristes…chinois.

Samedi 11 Juin

Pour commencer notre visite des temples nous allons à Banteay Srey. Celui ci est remarquable par la qualité des sculptures qui mettent en avant la finesse de l'art Khmer, c'est un temple dédié aux femmes. Lorsque nous en sortons, un policier arrive à notre hauteur et tente de nous vendre des "gifts" (souvenirs) qu'il sort de sa poche... Cela nous fait halluciner et bien rigoler ! Ensuite nous allons gravir « le temple montagne » Pre Rup. Pour finir c’est à Ta Prohm que nous allons. Ce dernier est un temple très romantique car la nature s’est mêlée à l’oeuvre de l’homme et les arbres épousent le temple de manière a ne former plus qu’un. Les temples possèdent chacun une architecture propre, ils sont donc tous très différents et très intéressant à découvrir. Nous rentrons ensuite prendre un repas à hôtel avant une sieste bien mérité ! Une fois que les enfants sont reposés ils vont se faire faire un massage entre copains. Mais c’est ensuite une grosse déception pour eux à qui ont promettait une surprise depuis ce matin (une carotte pour les faire avancer dans les temples !) le cirque que nous nous apprêtions à aller voir est complet. Nicolas et Cécile qui devaient partir demain soir pour Ho chi minh, repousse leur voyage d’un jour afin que l’on puisse assister tous ensemble à la représentation de demain soir.

Dimanche 12 Juin

Ce matin nous allons visiter les temples en amoureux car Cécile et Nicolas qui les ont déjà visité nous proposent gentiment de s’occuper des filles. La chaleur est tellement écrasante que la visite des temples est très difficile, nous préférons donc leur épargner cela, elles seront bien mieux à la piscine avec leur copains. Nous partons en premier à Angkor Vat, temple le mieux préservé d'Angkor, l'une des plus grandes villes médiévales du monde, il est le seul à être resté un important centre religieux depuis sa fondation, initialement hindou et dédié à Vishnou, puis, bouddhiste. Notre tuk tuk nous amène ensuite à Bayon. Ce temple comprend 49 tours sculptées de 206 visages géants aux sourires troublants. Sur chacune d’entre elles, 4 visages tournés vers les quatre points cardinaux. Notre visite s’achève au temple de Preah Khan. Ce dernier est une enfilade de galeries et de portes qui deviennent de plus en plus basses à mesure que l'on s'approche du centre, le fait de se baisser de plus en plus permet de montrer son respect. Au centre, un grand Stuppa Bouddhiste en pierre qui fut rapporté au XVe siècle. Il y a des petits trous dans tous les murs au centre de l'édifice. A l'origine, dans chaque trou était enchâssé de l'or et des diamants, on dit que tout cela a été emporté et revendu par les Khmers Rouges. De retour à l’hôtel en début d’après midi, nous allons manger et chacun vaque ensuite à ses occupations durant le temps calme. Ce que les enfants attendent le plus c’est bien évidement le cirque « Phare ». Nous y partons un peu en avance afin d’avoir les meilleures places possibles. Ce cirque a été crée il y a 20 ans par 8 jeunes hommes qui retournaient au pays après des années de vie en camp de réfugiés, dues au régime khmer rouge. Ils ont été grandement aidés par la thérapie artistique et ont voulu partager leurs nouvelles compétences avec les jeunes défavorisés et socialement démunis de la région de Battambang. Ils ont fondé une école artistique. De là est né ce cirque moderne. Ce que nous n’avions pas compris c’est que la représentation de ce soir « Sokha » retrace l’histoire des khmers et que nous sommes bien loin du tant attendu numéro de clown. Les deux premières parties sont donc un peu difficiles pour les enfants car « Sokha », le personnage principal est une enfant hantée par la guerre. Ses souvenirs des Khmers rouges se combinent avec des visions et des cauchemars surréalistes pour créer une réalité déformée et sombre. Mais à travers l'art, elle découvre sa force et trouve les outils pour guérir elle-même et sa communauté. Les spectacles du Cirque Phare sont inspirés par les expériences de la vie réelle de ses créateurs et interprètes et traitent de thèmes comme la guerre, la discrimination, les relations, la pauvreté et les fantômes. Les jeunes artistes sont talentueux et ils ont une énergie incroyable, ils arrivent à retransmettent les l’émotions à merveille et leurs compétences sont étonnantes : contorsions, jongleries, acrobaties, équilibre, danses et peinture. Ce spectacle véhicule un message de force et d’espoir. Dommage que nous ne puissions pas voir d'autres spectacles, cela nous aurait beaucoup plu. Il est l’heure d’aller manger lorsque nous sortons du chapiteau, nous retournons donc à notre hôtel et allons manger non loin de là. Cela faisait longtemps que nous n’avions pas aussi mal mangé ! Personne ne finit son plat et pour se rattraper nous allons tous manger une bonne glace.

Lundi 13 Juin

Ce matin nous allons visiter la ferme de Lotus Samatoa qui est une coopérative de textile écologique et responsable. Cette production exceptionnelle du tissu conçue à partir de la fibre de lotus est une des plus écologique au monde. Plus qu’un simple atelier de production, la Lotus Farm est un espace pédagogique où l’on apprend tout sur le lotus et sa transformation en étoffe. Bruno, un jeune Français que les garçons ont rencontré avant hier soir lors de la retransmission du match de football est un stagiaire ici. Il nous explique tout, depuis la récolte jusqu’au tissage traditionnel. Les enfants sont subjugués et il est vrai que c’est réellement une visite intéressante à laquelle nous avons droit. Après le repas chez « Genevieve » un petit restaurant en face de l’hôtel, nous montons dans le van qui vient nous chercher et nous disons au revoir à nos amis qui quitteront l’hôtel eux aussi dans deux heures. La prochaine fois que nous nous verrons, ce sera désormais en France ! La suite pour nous se fera à Phnom Penh que nous rejoindrons dans 5 heures à bord d’un bus qui n’a plus d’âge ! Après cela nous apprécions comme il se doit l’hôtel que nous ont recommandé Cécile et Nicolas. Cette première étape au Cambodge nous encourage à en découvrir d’avantage.